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L’islamisme contre les femmes

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L’islamisme contre les femmes Empty L’islamisme contre les femmes

Message par Esculape le Jeu 19 Mai 2011 - 12:29

L’islamisme contre les femmes partout dans le monde
par Mimouna Hadjam, militante de l’association Africa à La Courneuve Imprimer

Cette idéologie, qui a pour nom islamisme politique, si elle ne saurait ignorer les interférences dues aux changements économiques et politiques sur la scène internationale, s’attaque prioritairement aux femmes, et il faut le rappeler aux femmes musulmanes. En Afghanistan, en Algérie, au Nigeria, en Iran, ce sont des femmes musulmanes qui ont été assassinées, torturées, lapidées.

Heureusement pour nous, femmes immigrées, ou issues de l’immigration, nous ne vivons pas cette situation. Cependant, il faut reconnaître que cette idéologie a contaminé la France. Bien sûr, elle n’a pas le visage de la barbarie qu’on lui connaît dans ces pays, mais des milliers de femmes immigrées ou issues de l’immigration sont victimes d’une double discrimination, victime du racisme d’une part et de cette idéologie patriarcale et obscurantiste.

L’application de la charia en France

Dans le domaine du statut individuel qui régit les relations personnelles (mariage, divorce), les femmes qui vivent en France se voient appliquer par des tribunaux français des législations de leurs pays d’origine.

De plus en plus de femmes se retrouvent répudiées au pays d’origine par le mari qui prononce la formule magique trois fois (comme le veut la charia), et ce dernier n’a plus qu’à la faire valider par exequatur en France pour que la femme se retrouve répudiée selon le droit musulman, et surtout spoliée de tous ses droits, en matière de logement, d’autorité parentale, voire de garde d’enfants. Cela ne date pas d’aujourd’hui. En 1990, une jeune Marocaine âgée de 26 ans, habitant La Courneuve, s’est vue enlever ses quatre enfants, tous de nationalité française, par le père au Maroc, qui jugeait que sa femme montrait des idées d’indépendance. Répudiée au pays, le tribunal a donné la garde au père. La juridiction française n’a fait qu’entériner la décision marocaine, malgré une enquête sociale favorable à la mère.

Ces femmes ne pourront jamais se remarier, ni même vivre en concubinage du fait de la pression religieuse et communautaire, et parce qu’elles gardent toujours l’espoir qu’on leur rende leurs enfants. Une autre de ces humiliations permises par la charia est la polygamie, officiellement interdite en France, mais tolérée, toujours "au nom du respect de la culture des autres". L’impact de cette possibilité sur l’esprit des femmes est énorme, car elles vivent dans la terreur d’un second mariage du mari, les entraînant dans un état de dépendance et de soumission. Inutile d’entrer dans des considérations religieuses ou explications théologiques : la polygamie est un véritable esclavage moderne, puisqu’elle permet à un homme d’aller chercher une, deux, trois femmes, de les répudier à sa guise et de les exploiter comme bon lui semble.

Comme le droit au séjour n’est garanti que pour la première épouse, les autres femmes n’auront aucune existence légale et deviendront des bonnes à tout faire.

De nombreuses naissances sont déclarées au nom de la première épouse, cniant à la fois les droits de la mère et ceux de l’enfant, accentuant la pression et le chantage contre ces femmes. Devant ce triste tableau, on pourrait penser qu’il y a une légère amélioration du coté des jeunes femmes et filles, mais c’est oublier que le mépris des femmes s’inscrit en lettres majuscules dans nos contrées banlieusardes où règne l’obscurantisme. Rappelons que le réseau féministe s’est prononcé, de longue date, pour un statut autonome des femmes immigrées, leur permettant l’obtention d’un titre de séjour, indépendamment du conjoint.

Les mariages forcés, des viols légalisés

Des scandales ont éclaté à propos des mariages forcés. Là aussi il ne faut pas sous-estimer le poids des pressions familiales et la naïveté des filles qui ne disent pas franchement oui, franchement non. Il faut comprendre comment on en est arrivé à cette terrible régression pour des filles françaises. Il s’agit d’abord d’une vie de fillette qui, même si elle est scolarisée, vit sous le contrôle permanent de la famille et de la communauté, dans la cité.

Elle est surveillée par le frère, le copain du frère, les gars du quartier, ses déplacements sont limités et la cité devient le bled. Les parents ont peur de la francisation de la fille, vécue comme une débauche, parce que elle a été surprise en train de fumer, ou avec un petit copain, ou elle s’habille trop sexy. La solution du mariage est "proposée" à la fille. Peu de filles se rebellent, car les pressions sont énormes. On peut comparer à la situation d’il y 10 ou 20 ans, alors que les filles étaient moins soumises.

Précisément parce que le tribunal communautaire s’est élargi, à la difficulté compréhensible pour les filles de se plaindre contre leur famille s’ajoute la volonté de sauver leur peau. Car les filles sont victimes de violences régulières de la part de leurs frères auxquelles assistent, impuissantes, leurs mères. Une mère de cinq enfants à Drancy raconte : " Mes fils de 17 ans et 25 ans tabassent presque quotidiennement leurs deux soeurs âgées de 16 ans et 23 ans, pourtant elles sont sérieuses, l’une est étudiante en médecine ; il vaut mieux qu’elles se marient."

Ces mariages arrangés se font l’été, au pays, avec un cousin qui pourra par la même occasion obtenir le précieux titre de séjour. L’évolution des comportements face au mariage n’est pas la même chez toutes les communautés immigrées. Pour l’immigration originaire de l’Afrique de l’ouest, le mariage s’est développé sous forme de viol légalisé. Le GAMS, (Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles ) mène une campagne nationale de prévention dans les établissements scolaires contre ces pratiques.

Des jeunes filles, voire des fillettes, sont "mariées" : en réalité, cela se traduit par des viols répétés tous les week-ends, le plus souvent au domicile des parents, mais parfois dans un hôtel, dans un foyer. Si le mari est en Afrique, on y conduit la fillette et elle peut revenir après consommation du mariage. L’inadmissible, c’est qu’en France, des filles mineures sont violées régulièrement, par des "maris" le plus souvent en situation irrégulière, et on attend la majorité des filles pour organiser le mariage civil.

A Saint-Denis, deux soeurs, l’une collégienne, âgée de 13 ans et demi, et l’autre de 16 ans, ont été "mariées" ; personne n’a rien vu jusqu’à ce qu’elles soient enceintes. Ces filles se sont retrouvées dans l’obligation de faire "l’épouse", puis la maman, en sacrifiant leurs études.

Cela se passe en France, des viols régis par un engagement religieux devant témoins. On ne peut que hurler devant cette régression qui frappe des femmes et des filles, quand on sait la dureté des combats féministes qui ont été menés pour la reconnaissance de la criminalisation du viol. Il est nécessaire de s’interroger sur les raisons de cette régression que nous vivons depuis une vingtaine d’années dans les quartiers. Alors, oui, il devient urgent de refuser l’emprise de l’intégrisme et du religieux sur nos vies de femmes, car cette emprise ne fait que renforcer la théologie du machisme, de la domination masculine.

L’affaire des premiers foulards

Lorsque l’affaire des premiers foulards éclate, nous sommes en 1989, deux ans avant la guerre du Golfe qui représente une césure importante pour l’immigration. La guerre du Golfe a accentué le brouillage dans l’immigration qui n’a pas pu s’exprimer politiquement, de peur de se voir assimiler à la cinquième colonne de Saddam Hussein. Il faut se rappeler que le gouvernement avait mis en place toutes les phases de son plan Vigipirate.

Certaines associations islamistes en ont profité pour apparaître publiquement et récupérer cette contestation qui grondait de manière souterraine. Etait-ce un fait nouveau ? Non.

L’immigration ou plutôt les immigrations qui vivent en France n’ont jamais perdu contact avec ce qui se passait dans leur pays d’origine et dans le monde. Et on ne va pas le leur reprocher. Dans le contexte de la crise économique de la fin des années 70 qui les frappe durement et prioritairement, la "révolution" islamique en Iran trouve un premier écho favorable dans l’immigration. Il faut se souvenir que le régime du Shah, honni par le peuple iranien, soutenu par les USA et balayé par Khomeyni, a eu de larges soutiens partout dans le monde, y compris dans la gauche française. Ce premier événement politique mondial a eu des répercussions immédiates en France.

Les grèves des années 80, et notamment celles du "printemps de la dignité" chez Citroen, ont vu apparaître les premières revendications de mosquées à l’intérieur des entreprises. Sans rejoindre le délire de Pierre Mauroy qui voyait des intégristes partout, nous étions quelques militants politiques et associatifs à exprimer notre inquiétude devant ce courant, certes minoritaire, mais qui existait tout de même.

Les premiers foulards apparaissent à ce moment chez la seconde génération de l’immigration, chez des jeunes filles très cultivées, voire les plus politisées à gauche (l’une des leaders de la marche des beurs porte le foulard en 1984). Et puis, le fait le plus significatif est la réapparition de la polygamie dans l’immigration maghrébine, alors qu’elle avait complètement disparue. A cette époque, beaucoup de ces femmes marocaines et algériennes témoignent dans nos permanences d’un changement perceptible chez leur mari : "Mon mari, depuis qu’il est au chômage, a changé et a pris le chemin de la mosquée où il a trouvé de mauvais conseillers qui lui ont dit de se remarier pour reprendre confiance en lui." Et puis les premières demandes de cours de morale coranique arrivent dans les associations qui dispensent de l’aide aux devoirs ou dans les services municipaux pour la jeunesse. Ces demandes seront satisfaites comme en Seine-Saint-Denis, dans le Nord, avec mise à disposition de locaux ou créneaux horaires sur les activités existantes.

Le mouvement islamiste s’est construit en ciblant certains quartiers, les fortes concentrations d’immigrés musulmans, la pauvreté, le chômage, la précarisation, la drogue. Ce cocktail de malvie était un terreau favorable au développement des idées obscurantistes et ténébreuses, tout comme il l’était pour le développement des idées racistes du Front National.

La proximité de l’Algérie

Dans ce contexte, le mouvement islamiste a aggravé les conditions de vie des immigrés et celle des femmes. Malheureusement, peu d’associations ont eu la clairvoyance de dénoncer cette situation pour tenter de protéger la population immigrée des pressions de l’islamisme politique. Pressions qui allaient s’accentuer avec l’avènement du FIS en Algérie, où là aussi les répercussions ont été immédiates et plus profondes.

L’Algérie est proche, les immigrés voyagent, il y a la parabole. Les jeunes d’origine algérienne à qui on a volé leur histoire, celle de leurs parents, à qui on raconte qu’ils sont Français, mais qu’on rejette et qu’on exclut, se passionnent pour cette nouvelle histoire, tout en se sentant solidaires de leurs frères méprisés en Algérie. Les réseaux islamistes en profitent pour mieux s’organiser, recruter dans un premier temps parmi les diplômés issus de l’immigration. Des associations d’entraide voient le jour pour l’aide aux devoirs et on commence à sentir le travail spécifique en direction des femmes. Dans le Nord, de jeunes français convertis à l’islam sont envoyés au porte-à-porte, pour discuter spécialement avec les femmes. Si les parents sont sensibles à ces blonds aux yeux bleus, qui s’expriment parfaitement en arabe, ils restent cependant prudents et préviennent leurs enfants : "Nous sommes musulmans et nous vous apprendrons notre religion comme nos parents nous ont appris". Les filles fréquentent assidûment conférences et colloques, et gagnent dans un premier temps un certain statut. Dans le Douaisis, elles vont influer pendant trois à quatre ans des associations de parents d’élèves, de femmes, des commissions para-municipales, exerçant un contrôle sur les filles, chargées d’une mission : "moraliser" le quartier perdu par 60 années de communisme, donc de mécréance, en vue de la ré-islamisation.

Au début des années 90, lorsque le FIS est dissous en Algérie, certains de ses militants trouvent asile en France, particulièrement dans nos quartiers, renforçant la coloration intégriste du mouvement islamiste dans ces quartiers.

Les pressions ont désormais changé de nature, passant du privé à l’espace public et toujours contre les femmes. Ainsi de nombreuses associations ont été "visitées", les femmes qui les fréquentaient ont été menacées parce qu’elles assistaient à des cours d’alphabétisation. Des campagnes d’intimidation ont été menées contre les frères des filles qui faisaient de la danse, du théâtre, accusés d’être des "bouffons". Des rumeurs ont été lancées contre les moeurs soi-disant débridées des dirigeantes féministes des quartiers, parce que athées, donc forcément mécréantes et putes.

A la Courneuve, pendant des années, les insultes racistes, sexistes se côtoyaient dans un climat d’intimidation permanent. Certaines femmes étaient suivies jusque chez elles, recevaient des lettres anonymes jusqu’au jour où deux militantes furent agressées en 1994, sous prétexte qu’"elles débauchaient les musulmanes pour leur apprendre le français".

Dans le Nord, la même association (il faut en rire) a connu des tentatives d’ensorcellement pour faire peur aux femmes et les empêcher d’entrer dans le local.

Complicité de la gauche

Les agissements des islamistes ne sont pas nouveaux, et il aura fallu attendre 1994, pour qu’une certaine prise de conscience ait lieu, lors des attentats de Marrakech dans lesquels deux Français de La Courneuve étaient impliqués.

Beaucoup de nos commentateurs et amis de gauche, trop occupés à menacer les Algériens victimes de l’intégrisme de passage devant le tribunal pénal international et à lutter pour la reconnaissance du statut de réfugiés politiques de leurs bourreaux, ont pris conscience que cela pourrait leur survenir en Europe.

On commençait à nous écouter sur le fait qu’il existait un islamisme politique en France, qu’il quadrillait déjà certaines cités, que beaucoup de jeunes Français s’étaient fait enrôler en Bosnie, en Afghanistan, et que, oui, il y avait eu une certaine complicité des services de l’État, qui ont donné l’asile territorial plus facilement à des militants islamistes qu’à des militants progressistes réellement menacés. Oui, il y a une complicité de certaines mairies de gauche qui ont préféré acheter "la paix sociale", en composant avec les associations islamistes par l’attribution de locaux, comme ce fut le cas à La Courneuve, Nanterre, Stains, Drancy, etc.

Ces dernières années, le conflit israélo-palestinien et la guerre en Irak ont été autant d’événements qui ont aggravé ce basculement des jeunes vers l’intégrisme, d’autant plus que l’après 11 septembre a renforcé la suspicion anti-arabe, permettant à Bush et à Berlusconi de donner de la voix à tous les abrutis de la terre sur le choc des civilisations.

Il est nécessaire de rappeler quelques vérités à propos de l’islam et des religions en général.

Il n’est pas juste de jeter l’anathème sur un cinquième de l’humanité, d’autant plus que le mal intégriste n’a épargné aucune religion. L’Église chrétienne a vécu sous le signe d’une inquisition permanente lors de la guerre sainte, suscitant des discours de haine et les croisades. Le judaïsme, pourtant victime de persécutions, les a reprises contre les Palestiniens, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. L’hindouisme a dérivé et est devenu sanguinaire avec sa minorité musulmane. Cela ne doit pas nous empêcher de critiquer, voire de blasphémer contre les religions, sans pour autant insulter les adeptes de ses religions, ce que nous avons fait dans l’affaire des foulards.

Garder nos positions féministes, ne pas faire preuve d’angélisme, ni de frilosité, encore moins de culpabilité, mais prendre toutes nos responsabilités, en restant solidaires des femmes immigrées qui souffrent les premières de cette situation.

Foulard et soumission forcée des femmes

Nous sommes contre tous les foulards, qu’ils soient portés à Téhéran, Kaboul, Alger, La Courneuve, Lille, Marseille ; qu’ils recouvrent une partie du corps ou totalement, car les foulards du monde entier expriment une même chose : la soumission forcée des femmes à un programme d’oppression.

Nous avons analysé ces phénomènes dans l’immigration, et nous savons que, pour beaucoup de femmes, ce foulard n’a pas toujours la même signification. Pour les femmes de la première génération, il s’agissait surtout d’une tradition rurale. Et puis, soyons honnêtes, ces femmes étaient si peu visibles que peu de gens se sont réellement interrogés sur leur confinement dans leur communauté. Il aura fallu que leurs filles, non pas les imitent, mais ramènent une mode hors Maghreb, pour que le débat soit posé à la société française. Ces adolescentes le portent quelquefois pour faire plaisir aux parents, généralement immigrés récents. Elles pensent tout simplement gagner leur confiance, mais elles se retrouvent rapidement piégées. Si, dans un premier temps, le foulard est utilisé comme légitimation de sortie, l’entourage familial l’utilise comme moyen de répression, et il sera impossible à la fille de se dévoiler, car le dévoilage est considéré comme un péché, une insulte à l’islam. Alors, ce foulard identitaire devient vite un foulard forcé. Et puis, avec la multiplication des associations islamistes, des mosquées qui dispensent les cours, on voit se développer le nombre de petites filles "en apprentissage de foulard".

Le mercredi et le samedi, on voit dans les cités des gamines, âgées de moins de 10 ans, de plus en plus nombreuses, se diriger vers les cours religieux, foulard sur la tête. Cet apprentissage du foulard se fait sous la force tranquille de l’entourage, pour amener la fillette à revendiquer "son foulard" vers 14 ans, en affrontant ses professeurs et en clamant "c’est mon choix". Cette recherche ethnico-identitaire des adolescentes se fait sur le dos des femmes et il se trouve de ses défenseurs pour crier au racisme.

L’instrumentalisation des femmes, dès le plus jeune âge, reste l’une des cibles de l’islamisme politique et pour cela les islamistes ont à leur disposition une armada de militantes. Toutes les femmes de l’immigration ne sont pas des victimes, et les personnes immigrées, tout comme le reste de la société française, sont partagées par des contradictions. En effet, même si les personnes venues de l’immigration ont une appartenance massive à la classe ouvrière, on y retrouve des gens de droite, de gauche, d’extrême-droite, tout comme des riches et des pauvres. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.

L’islamisme politique a su le faire, et parmi les filles militantes, on retrouve des universitaires qui revendiquent l’islamisme sur le plan politique, et il s’agit de les considérer comme des adversaires politiques.

Ré-islamisation morale par des femmes divisées contre elles-mêmes

Ces militantes font un travail énorme basé sur la culpabilisation des femmes musulmanes, de leurs familles, à propos de l’échec scolaire des enfants, de la délinquance. Aucune accusation n’est portée, mais tout est suggéré. À l’aide psychologique et morale importante qu’elles apportent aux femmes les plus démunies s’ajoute souvent une aide matérielle et financière (garde d’enfants, paiement des colonies de vacances).

Dans les quartiers, l’un de leur objectif est la ré-islamisation morale et elles ont réussi : haro sur la viande non hallal, avec des énormes pressions sur les parents. Il y encore quelques années les parents qui ne consommaient pas la viande non hallal recommandaient à leurs enfants d’en manger dans les cantines : "Mange et dis bismil allah, dieu te pardonnera". Cela est fini et, dans le Nord, il y a des cantines où des enfants affamés se gavent d’entrées et de desserts, à cause de cette interdiction.

Plus un seul enfant des quartiers ne mange un chocolat sans lire la composition en graisses animales. Certaines personnes, plus radicales, vont plus loin et interdisent de manger du fromage, puisqu’il s’agit d’un produit fermenté. De plus en plus de filles ne fréquentent pas les centres de loisirs ou, si elles y vont, beaucoup d’entre elles abandonnent à l’âge de la puberté, car elles trop sollicitées par les mosquées. On retrouve le même phénomène dans les classes de neige, classes vertes, linguistiques, où de plus en plus de parents ne veulent plus que leurs filles se rendent, sous prétexte de mixité du bâtiment. Ces situations se sont aggravées et, on le sait, les mères ont été "travaillées" par des militantes.

Le mois du ramadan est leur mois de recrutement : elles visitent les femmes à domicile, surtout les plus fragiles, divorcées, répudiées, prostituées, délinquantes. Ces dernières peuvent trouver une certaine reconnaissance dans l’islam et les militantes marquent des points d’autant plus que, dans la période du ramadan, elles en rajoutent pour fustiger les croyants tièdes, les incroyants, jeter la pierre sur les athées, grâce à leur statut de voilées. Alors, on pourrait se dire : " Tant pis pour elles, qu’elles se débrouillent, ce voile revendiqué est un choix conscient". Pour elles, oui, mais il faut les empêcher de contaminer d’autres femmes, car la frontière entre "revendiqué" et "forcé" ou "choisi" est étroite dans des quartiers où n’existe aucune mixité sociale et où les filles risquent d’être livrées rapidement à l’islamisme politique.

Les femmes voilées sont un réel danger pour celles qui ne le sont pas. Dans des cours d’alphabétisation, il y a majoritairement des femmes non voilées qui plaisantent lors des pauses et discutent à propos des hommes. Dans un cours à Drancy, une femme voilée est apparue, sonnant ainsi le retour à l’ordre moral, imposant le silence complet ; les discussions reprennent sur la religion, alors qu’elle-même n’a rien demandé. Il lui a suffi d’apparaître avec son foulard pour terroriser le groupe. La présence d’une femme voilée impose le soi-disant "respect", en verrouillant toutes les discussions, accroissant par le fait même la pression sur celles qui résistent.

En ce qui concerne la cigarette, cela va plus loin puisque les femmes voilées imposent aux autres femmes du groupe de ne pas fumer, alors qu’il n’y existe aucune interdiction du genre dans l’islam : elles arguent que cela fait mauvais genre pour une femme.

Voilà ce qui nous a amenées à dire non à tous les foulards, et pas seulement d’un point de vue républicain, mais d’un point de vue féministe.

Conséquences directes sur les droits des femmes et légitimité de la loi sur la laïcité

Nous voulons aborder la question du foulard du point de vue de l’islamisme politique et de ses conséquences directes sur les droits des femmes.

Aujourd’hui, nous le savons, la charia réussit à passer dans les mailles du droit français par le biais des conventions bilatérales et des exequatur, et les mariages forcés sont en croissance. Qu’en sera t-il demain si nous perdons le combat autour du foulard ? L’urgence se trouve dans le combat pour la défense de l’école laïque même si ce combat ne nous rend pas aveugles sur les carences de l’éducation nationale, car ce qui fait craquer l’école ne relève pas d’un fait culturel, mais est bien le reflet de mécanismes sociaux, d’exclusion qui existent dans la société.

Cela dit, nous ne pensons pas qu’il discriminant de demander à une fille voilée de retirer son foulard à l’entrée de l’école. En 1989, nous avions pris position contre l’exclusion des trois filles à Creil, parce que cette exclusion avait été initiée par un principal connu pour ses positions très droitières. Et puis le débat se déroulait dans le contexte d’une France marquée par la montée de l’extrême-droite et du racisme anti-arabe (la décennie fut particulièrement meurtrière pour des dizaines de jeunes beurs). Avec les féministes, nous avions fait le pari du triomphe de la modernité sur l’ignorance.

Nous nous sommes trompées et le piège s’est refermé sur les femmes. Nous n’étions pas des fanatiques d’une loi, car nous savons par expérience qu’une loi ne règle pas tout. Les différentes lois contre le racisme n’ont pas aboli le racisme, mais elles permettent aux victimes du racisme de se défendre. Si majoritairement personne ne s’interroge sur l’interdiction de l’excision, c’est grâce à la loi qui proscrit cette pratique. En ce sens nous pensons que la loi pour la laïcité peut être un point d’appui pour les femmes et filles qui refusent la contamination des idées intégristes.

Aucune loi n’est une panacée et nous continuerons de revendiquer une véritable politique sociale pour les quartiers, en matière d’éducation, d’emploi, de logement social, afin que les enfants ne se transforment pas en apprentis intégristes. La République doit être présente à ces niveaux-là et non seulement par l’intermédiaire de sa police. Enfin, pour répondre à tous ceux qui disent que c’est une loi de droite, donc raciste, nous répondons que la loi pour la reconnaissance de l’IVG a été le fait d’un gouvernement de droite et d’une ministre de droite, Simone Veil ; cela n’a pas empêché le mouvement féministe et toute la gauche de saluer cette victoire féministe.

Si des lois peuvent nous aider à construire l’égalité entre les hommes et les femmes, nous sommes partantes car l’égalité des sexes est productrice de démocratie et, s’il est un lieu où elle doit s’apprendre, c’est à l’école.

Construire un monde anti-sexiste et anti-raciste

Nous nous opposons aux intégristes, pour qui la bataille autour du foulard est une étape pour tester le camp des laïcs et pour aller plus loin vers l’interdiction du sport ou de la mixité.

Nous nous opposons également aux penseurs "droits/de l’hommistes" qui veulent soi-disant respecter la culture des autres. Disons-le, il s’agit d’une position de relativisme culturel qui peut s’exprimer ainsi : "Tant qu’ils voilent leurs femmes dans leurs quartiers, dans les écoles de leurs quartiers, qu’ils excisent leurs filles, battent leurs femmes, les violent, c’est leur affaire, pas la nôtre". C’est une attitude néo-coloniale, bien loin de cet internationalisme dont se targuent bon nombre d’entre eux.

Quant à ceux, intellectuels ou non, originaires de l’immigration qui ont choisi de défendre les filles voilées, au nom de la liberté, nous leur répondons de ne pas oublier leurs camarades assassinés en Iran, en Algérie par des hordes de barbares, les femmes enceintes éventrées, les bébés décapités. Avant de parler de liberté, il serait judicieux de demander aux personnes qui se réclament de cette idéologie pourquoi ils ne se sont jamais désolidarisés des auteurs du génocide musulman en Algérie au nom de l’islam.

Nous avons fait le choix de construire un monde anti-sexiste, anti-raciste et donc sans barrière entre les couleurs et les sexes. C’est pourquoi nous avons choisi de revendiquer la laïcité la plus ambitieuse, conjuguée à l’antiracisme, qui devra s’appliquer à toutes et à tous et servir d’antidote à tous les intégrismes.

Source : Respublica, lettre autonome de la Gauche républicaine, septembre 2004. Merci à Respublica et à l’auteure pour l’autorisation de reproduire.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 4 octobre 2004.

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Mimouna Hadjam, militante de l’association Africa à La Courneuve
Mimouna Hadjam dirige l’association Africa, située au coeur de la Cité des 4 000 à la Courneuve. Cette association propose non seulement de l’aide aux devoirs pour les plus jeunes, mais elle a aussi mis en place un lieu d’accueil et de parole pour les femmes au sein de la cité. Mimouna Hajam est militante associative, politique et féministe.




Plan-Liens Forum

Le voile et le Coran
(1/4) 15 novembre 2006 , par Laurent CROCE
rép: J.S
>ce n’est pas lislam qui est contre les femmes mais les gens qui ne savent ce que c’est l’islam
(2/4) 3 août 2006 , par nadia
rép: Internaute
> L’islamisme contre les femmes partout dans le monde
(3/4) 21 décembre 2005 , par

Esculape
Panacée

Masculin Nombre de messages : 5488
Localisation : oran
Date d'inscription : 14/09/2010

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L’islamisme contre les femmes Empty Re: L’islamisme contre les femmes

Message par Esculape le Jeu 19 Mai 2011 - 12:41






lundi 27 avril 2009

Comment concilier égalité des droits et lois inspirées de la charia en Algérie ?
par Salima Deramchi, féministe et laïque.


J’aborderai la question du féminisme en Algérie à partir de notre vécu, sur la base de la défense des valeurs du féminisme, un féminisme qui ne saurait s’exprimer sans se référer à la laïcité et au cheminement de ces idées dans la société algérienne.

Sans revenir sur l’historique du mouvement des femmes de la colonisation à ce jour, je rappellerai que, bien qu’ayant occupé une place importante dans la lutte de libération et dans la construction post-coloniale du pays, les Algériennes, si elles sont reconnues dans les discours, sont toutefois reléguées au second plan quant à la participation aux décisions et dans les textes de lois régissant les statuts personnels.

Ainsi, l’article 2 de la « loi suprême » de l’Algérie, la constitution, stipule bien que « l’islam est religion d’État », alors que l’article 28 stipule que « les citoyens sont égaux devant la loi sans que puisse prévaloir aucune discrimination pour cause de race, de sexe, d’opinion… ». Il est clair que le pouvoir cherche à jouer l’arbitre entre islamistes et démocrates au moyen de ces deux articles de la constitution.

Par ailleurs, un autre texte de loi s’est imposé, et ce, malgré l’opposition des femmes en 1984. Il s’agit du code la famille qui, malgré son bricolage en 2005, ne laisse plus place aux interrogations et légalise le rôle de la religion dans la gestion de la vie publique et privée.

Comment alors pouvoir allier l’égalité des droits avec la légalisation de la polygamie, l’obligation d’un tuteur pour les femmes lors du mariage, l’interdiction pour une musulmane (qui dans les faits se transforme en Algérienne) d’épouser un non-musulman, l’obligation d’obéissance au mari et, pour couronner le tout, la discrimination lors de l’héritage (la moitié pour une fille par rapport au frère, le 1/6 pour l’épouse qui a eu des garçons ou le 1/8 pour celle qui n’a pas de garçon)… Tout cela dans le respect de la charia.

Face à ce déni de droits, les femmes algériennes éprises de justice sociale et d’égalité, en un mot de démocratie, ont affirmé et lutté pour ces valeurs dans l’art, la culture et les écrits ainsi que sur le terrain, avec les moyens du bord. Le système algérien était régi jusqu’en 1989 par un parti unique, des organisations de masse et des associations porteuses des messages du parti unique.

Les évènements d’octobre 1988, quels que soient leurs détracteurs (insurrection des citoyens), ont poussé les autorités à accorder plus de liberté d’expression et d’association.

Des associations à revendications et propositions clairement féministes et laïques sont apparues au grand jour. Hélas, cette ouverture et cette liberté a profité aux partis islamistes unis, en connivence avec le parti au pouvoir, plutôt qu’aux démocrates désunis et sans moyens d’intervention.

Depuis le début des années 1990, le mouvement islamiste intégriste et son bras armé - le terrorisme - ont pourchassé les démocrates et les laïques où qu’ils se trouvent, condamnant un grand nombre d’entre eux à la mort ou à l’exil, dans le but de s’installer au pouvoir et de décréter l’Algérie « république islamique ».

Les femmes, pendant ces années-là, ont été fortement présentes dans les lutte contre l’islamisme et le terrorisme, elles sont à l’avant-garde de ces luttes durant les années 1989-1997. Les populations ont identifié et reconnu des leaders parmi elles, ont perçu leurs paroles et leurs valeurs comme des avancées, à tel point qu’on les citait comme exemple de patriotisme.

Hélas, la mondialisation des capitaux, l’ouverture économique de l’Algérie au capitalisme sauvage, sans lois ni régulation, l’aide internationale financière et politique au mouvement islamiste, l’alliance affichée depuis l’élection du présent président, en 1997, du pouvoir avec cette mouvance islamiste et la répression de toute autre revendication, n’ont pas aidé les démocrates et encore moins les féministes dont les deux principales leaders ont rejoint les rangs du pouvoir et l’alliance avec les islamistes, contribuant, ainsi à une islamisation apparente de la société.

Alors, comment les féministes et par quel canal peuvent-elles exprimer leurs valeurs et leurs propositions pour une société plus juste et plus égalitaire où le religieux resterait dans la sphère privée ?

Aujourd’hui, dans une société de plus en plus enfermée sur elle-même, il est difficile d’exprimer ou d’afficher sa différence, surtout quand cette dernière va à contre-sens des discours officiels et autorisés.

Pendant ces dernières années, la majorité des femmes féministes se sont investies dans des associations à caractère social, cherchant à trouver et à inventer des modes de communication et des contenus qui ne heurtent pas, qui ne choquent pas. Elles souhaitent expliquer leur démarche tout en affirmant leur attachement à l’islam, religion de leurs parents, car la société est de plus en plus embrigadée, enfermée et culpabilisée par les discours officiels dans son rapport à la religion.

À titre d’exemple, le discours officiel explique que le séisme de Boumerdes (2004) s’est produit parce que, tout simplement, les femmes ne sont pas assez musulmanes, elles devront se voiler pour éviter d’autres catastrophes de ce genre, la suite nous vous laissons la deviner.

Par ailleurs, comment exprimer nos revendications et nos convictions en un féminisme laïque de gauche quand, d’emblée, toutes les féministes sont taxées de « divorcées, de femmes n’ayant pas trouvé mari ou tout simplement de prostituées » ? Quand les laïques sont désignés comme athées, traîtres à la religion de nos aïeux ?

Un exemple du sens de l’évolution des mentalités, grâce au matraquage idéologique et à l’alliance d’un pouvoir corrompu avec les islamistes, qui n’hésite pas à recourir au terrorisme pour imposer ses orientations (l’un se nourrissant de l’autre et donc la survie de l’un est dépendante de l’autre). Une enquête menée par le Centre d’information et de documentation sur les droits des femmes et des enfants (CIDEF), qui comparait les réponses des Algériennes et des Algériens à la question du droit à l’égalité des femmes et des hommes, pour les années 2000 et 2008, a donné des résultats concluants.

En 2008, 16% de la population s’est exprimée pour l’égalité, alors qu’en 2000, lors d’une enquête similaire, cette population représentait 27%. Le nombre des réfractaires à l’égalité ont eux aussi évolué. Ils sont passés de 10% en 2000 à 23% en 2008.

En 2008, il y a autant d’Algériens qui sont pour l’élection d’une femme que ceux qui s’y opposent fermement. Ce qui constitue un recul par rapport à l’enquête de 2000, qui avait révélé que 70% des Algériens (60% des hommes et 81% des femmes) étaient disposés à élire une femme au poste de maire.

Par ailleurs, un exemple témoigne d’une situation de précarité intellectuelle et culturelle chez beaucoup de jeunes filles. Il s’agit de mots d’ordre scandés lors d’un rassemblement de jeunes filles algériennes à Blida (ouest d’Alger), à l’occasion du 8 Mars 2009, utilisé comme tribune d’expression pour le lancement de la campagne présidentielle. Lors de cete rencontre, animé par le président sortant réélu, elles scandaient « Bouteflika zaoudjouna : Bouteflika tu es notre EPOUX ».

Est-ce à dire que le féminisme laïque de gauche est à l’agonie en Algérie, comme se gargarisent à le répéter toutes celles et ceux qui ont opté pour une alliance avec les islamistes ou ceux et celles qui essaient de le remplacer par un féminisme voilé (le féminisme islamiste) ?

Oui, si nous permettons que les parcelles de liberté soient occupées par un féminisme voilé, aidé et soutenu sur le plan local et international.
Oui, si les féministes, d’ici et d’ailleurs, continuent de faire l’amalgame entre racisme et anti-intégrisme, si elles ne décident pas, une fois pour toutes, de rompre avec la culpabilité du colonialisme et des sociétés nanties.
Oui, si on oublie que laïcité et relativisme culturel auront du mal à se rencontrer dans la sphère publique.
N’est-ce pas que l’histoire est là pour témoigner de l’incompatibilité des libertés de conscience et de l’égalité des droits quand le religieux est politique et soumet l’être humain et son rapport aux autres à la divinité ?

Car, voyez-vous mes chères camarades, là où les droits des femmes et des peuples sont bafoués, dans notre lutte pour mieux nous connaître et agir ensemble, le passé doit nous servir à prendre conscience que les analyses et les explications sont à rechercher dans la laïcité et non dans les religions, que le féminisme est universel et qu’il ne saurait être question de féminisme spécifique aux musulmanes, comme il n’y a pas eu de féminisme spécifique aux catholiques.

Alors que nos alliés naturels, qui sont les laïques, les démocrates, les féministes et toutes celles et ceux qui défendent les libertés d’expression, de choix, d’association, de justice sociale et économique ainsi que la liberté de disposer de son corps, se solidarisent à nouveau avec nous, aujourd’hui, seule une solidarité laïque et féministe de gauche nous rendra notre visibilité et nous encouragera à poursuivre la lutte où que nous nous trouvions.

Chères amies, ne vous faites pas avoir par les discours culpabilisants ou, alors, comment répondrez- vous à la question : « Pourquoi n’avez-vous pas concilié Église et féminisme ? »

Sauriez-vous me dire au nom de quel féminisme les acquis chèrement conquis ici et là, comme la contraception, le droit à l’avortement, le choix de sa sexualité et le refus du patriarcat, ne peuvent être les revendications des femmes « taxées » d’origine musulmane ?


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Message par wahrani le Ven 20 Mai 2011 - 1:46

Il fallait rajouter aussi la source:

L’auteure est médecin épidémiologiste et féministe laïque, elle a milité dans un parti de gauche et des associations de femmes et d’enfants en Algérie. Elle vit en France depuis 1998.

http://sisyphe.org/spip.php?article3291
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Message par Esculape le Ven 20 Mai 2011 - 13:50

Selon le Coran, les femmes doivent être frappées, battues ou corrigées, c'est au choix





S'il est un verset du Coran qui mérite d'être connu, c'est celui de la sourate des femmes où le divin texte exhorte le mari à frapper sa femme. Frapper sa femme, à moins qu'il ne s'agisse de la battre ou, dans la traduction plus pudique de Jacques Berque, de la corriger. Quant à celle de Si Hamza Boubakeur, sévir contre elles suffit, sans en préciser le moyen. Les nuances entre les traductions sont minimes et s'accordent toutes dans la légitimation du châtiment corporel de l'épouse. Texte barbare écrit à une époque où les musulmans se signalaient essentiellement par leur habileté à porter les armes, le Coran sert la domination masculine en alimentant la fable d'une infériorité féminine décidée définitivement lors du péché originel, une tare communément admise, et requise, par les trois monothéismes pour leur propre survie.

Quand leur sont présentés les versets les plus haineux du "saint livre", les croyants rétorquent systématiquement et avec suffisance, fort de s'imaginer les seuls instruits en pseudo-sciences islamiques, que la traduction est mauvaise, que l'infidèle n'a pas compris, que le propos coranique est déformé et autres fariboles qui ne font que refuser, et la précipitent par la même occasion, l'évolution lente, mais inéluctable, de la société vers moins d'emprise du religieux, de son autoritarisme et de ses superstitions.

Afin de couper court à cette argumentation simpliste ("le texte n'est pas mauvais, c'est ta lecture infidèle qui l'est"), neuf traductions de ce verset de la sourate 4 ont été examinées. Comme la numérotation peut varier, le verset apparaît au numéro 34 dans la plupart des éditions alors qu'il est noté au numéro 38 dans celle de Kasimirski et que Blachère indique les deux correspondances 38/34.

Et le résultat est à couper le souffle : selon la traduction, le sort réservé aux femmes par la grandeur spirituelle de l'islam est d'être battues, frappées ou corrigées. Sachant que, d'après les légendes musulmanes, le Coran est incréé (pas d'auteur humain ni de date ou de lieu de confection ce qui résout astucieusement les nombreux écueils propres à l'élaboration de tout texte historique) et qu'il constitue la copie parfaite du "Livre conservé au ciel", la simple existence de ce verset brutal et misogyne suffit à rejeter l'ensemble du livre. Et l'islamophobie devient alors une attitude saine et naturelle.

Les traductions du verset 34/38 de la sourate 4 :

Mouhammad Hamidullah

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !"


Jacques Berque, Albin Michel, 1995

"34. Les hommes assument les femmes à raison de ce dont Dieu les avantage sur elles et de ce dont ils font dépense sur leurs propres biens. Réciproquement, les bonnes épouses sont dévotieuses et gardent dans l'absence ce que Dieu sauvegarde. Celles de qui vous craignez l'insoumission, faites-leur la morale, désertez leur couche, corrigez-les. Mais une fois ramenées à l'obéissance, ne leur cherchez pas prétexte. Dieu est Auguste et Grand."


Kasimirski, GF-Flammarion, 1970

"38. Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises ; elles conservent soigneusement pendant l'absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous avez à craindre l'inobéissance; vous les relèguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais aussitôt qu'elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand."


André Chouraqui

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes, du fait qu’Allah fait grâce à certains plus qu’à d’autres, et du fait qu’ils dépensent leurs biens. Les vertueuses adorent, et gardent le mystère de ce qu’Allah garde. Admonestez celles dont vous craignez la rébellion, reléguez-les dans des dortoirs, battez-les. Si elles vous obéissent, ne cherchez pas contre elles de querelle. Voici, Allah, le Sublime, le Grand."


Si Hamza Boubakeur, ancien recteur de l'Institut musulman de la mosquée de Paris, Maisonneuve et Larose, 1995

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes en raison [des qualités] par lesquelles Dieu vous a élevés les uns au-dessus des autres et en raison des dépenses qu'ils prélèvent sur leurs biens [au profit de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses sont sobres et maintiennent intact en l'absence de leur mari ce que Dieu a prescrit de conserver [ainsi]. Exhortez celles dont vous redoutez l'insubordination. Reléguez-les dans des lits à part et sévissez contre elles. Si elles vous obéissent, ne leur cherchez plus querelle. En vérité Dieu est très haut et très grand."

C'est fort judicieusement, mais aussi plus sûrement pour mieux convaincre de sa candeur, que Si Hamza Boubakeur note dans son commentaire du verset 34 que le judaïsme et le christianisme enseignent eux aussi la supériorité de l'homme sur la femme, sans toutefois aller jusqu'aux coups. Mais on ne pourra qu'esquisser un sourire de compassion envers le père de Dalil Boubakeur lorsqu'il en appelle à la Tradition pour expliquer que l'islam, contrairement à ce que professe le Coran, déconseillerait en fait de battre les femmes...


Régis Blachère, Maisonneuve et Larose, 1999

"38/34. Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu'Allah a préféré certains d'entre vous à certains autres, et du fait que [les hommes] font dépense, sur leurs biens [, en faveur de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses font oraison (qânit) et protègent ce qui doit l'être (?), du fait de ce qu'Allah consigne (?). Celles dont vous craignez l'indocilité, admonestez-les ! reléguez-les dans les lieux où elles couchent ! frappez-les ! Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie [de contrainte] ! Allah est auguste et grand."


Jean Grosjean, Éditions Philippe Lebeau, 1988

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes à cause des préférences de Dieu et à cause des dépenses des hommes. Les vertueuses sont dociles, elles protègent ce qui doit l'être selon la consigne de Dieu. Celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, reléguez-les dans leur chambre, frappez-les, mais si elles vous écoutent ne les querellez plus, car Dieu est sublime et grand."


René R. Khawam, Maisonneuve et Larose, 1990

"34. Les hommes ont le pas sur leurs femmes, à cause de la préférence que Dieu a manifestée pour les uns sur les autres, à cause de ce que dépensent les hommes pour la subsistance des femmes. Les femmes Justes sont assidues aux offices de prières, gardant au sujet de l'Invisible le secret que Dieu a gardé. Celles dont vous craignez la rébellion, exhortez-les, reléguez-les dans les chambres où elles couchent, frappez-les. Si elles vous obéissent, ne cherchez contre elles aucune voie de coercition. Dieu s'est montré Elevé et Grand."


D. Masson, Gallimard, 1967 :

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence que Dieu leur a accordé sur elles, et à cause des dépenses qu'il font pour assurer leur entretien. Les femmes vertueuses sont pieuses : elles préservent dans le secret ce que Dieu préserve. Admonestez celles dont vous craignez l'infidélité ; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les. Mais ne leur cherchez plus querelle, si elles vous obéissent. Dieu est élevé et grand."

D. Masson est en fait Denise Masson mais, pudeur émouvante de l'islam, nulle part le prénom, et donc le sexe, de la traductrice n'est mentionné dans la traduction éditée chez Gallimard en 1967 dans la collection La Pléiade. Ni la préface de Jean Grosjean, dont le prénom n'est pas occulté, ni l'introduction, les notes et la bibliographie de "D." Masson ne comportent le prénom de la traductrice. Ce travail ayant reçu l'imprimatur de l'Université d'Al Azhar au Caire, avouer qu'une femme ait pu exceller dans l'art de la traduction du Coran était insupportable aux fanatiques.


Mai 2004

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